| | Michel
Leroy Chef du bureau du développement
des entreprises - DECAS | Q
Quel est le diagnostic de la DECAS en matière de sensibilisation des PME
/ TPE aux Technologies de l'Information et de la Communication ? R
La sensibilisation des PME/TPE aux technologies de l'information et de la communication
est l'affaire de tous. L'Etat doit jouer un rôle d'impulsion pour mobiliser
les moyens humains et le financement dans le cadre d'une politique commune cohérente.
Q
Quelle est la politique TIC actuelle de votre Direction sur l'aide aux PME / PMI
? R
La Decas contribue au développement de l'entreprise en portant l'effort
sur son environnement, sa compétitivité, son ancrage territorial
et son adaptation à l'Europe. L'utilisation des technologies de l'information
et de la communication est un des outils de cette politique qui ne s'adresse pas
seulement aux petites et moyennes entreprises mais également à l'ensemble
des très petites entreprises des secteurs de l'artisanat, du commerce et
des services. Toutes les entreprises, en effet, peuvent tirer partie des TIC,
qu'il s'agisse de commercialisation de leurs produits, d'organisation de leur
comptabilité ou de relation avec leur clientèle. Ses aides directes
aux entreprises sont très marginales car l'essentiel de son action en faveur
des PME/TPE s'exerce au travers des organismes consulaires ou professionnels.
La Decas apporte son aide financière à différents projets
axés sur l'appropriation des technologies de l'information et de la communication
par le secteur des très petites entreprises. A ce titre, son action en
faveur du développement du réseau des pôles d'innovation,
dont la vocation est de faciliter les transferts de technologie vers les entreprises
artisanales, est un élément important de cette politique. Elle a
ainsi apporté son appui financier au projet de l'Institut technologique
européen des métiers de la musique (ITEMM) d'aide aux professionnels
de la facture instrumentale dans leur recherche de solutions adaptées à
leurs activités de production ou de réparation. Autre exemple, l'aide
apportée à l'Institut de transfert technologique en agroéquipement
pour l'artisanat (ITA) dans son projet visant à permettre aux artisans
réparateurs de matériels agricoles, grâce à des logiciels
de formation individualisés, de mettre à jour ou d'acquérir
les compétences nécessaires à leurs interventions. Elle
participe enfin, aux côtés de la DiGITIP, à la sélection
des dossiers des demandeurs répondant à l'appel à projets
UCIP (Utilisation Collective d'Internet par les PME). |
Q
Quelles sont vos attentes concernant
Cybermassif ? R
La
Decas a toujours porté un grand intérêt aux problèmes
des zones fragiles et particulièrement des zones rurales en voie de désertification.
Le Massif Central a bénéficié de cette aide, notamment dans
le cadre de l'opération "1000 villages de France". L'opération
CYBERMASSIF se situe dans la droite ligne de cette action même si les outils
utilisés sont aujourd'hui d'une autre nature. La Decas espère que
le projet répondra pleinement aux attentes des PME/TPE du Massif Central
en terme de techniques de l'information et de la communication par des solutions
simples, efficaces et adaptées à leurs spécificités
et qu'il contribuera par le fait même à un renforcement de la performance
économique de ces entreprises. Q
Qu'est ce que pour vous le développement
économique de territoire ? RA
mon sens, cela consiste à permettre de se concrétiser et à
diffuser au sein d'un territoire les projets pertinents de développement
économique qui se font jour localement. Pour illustrer ma conception du
développement économique du territoire, je citerai l'action entreprise
par le réseau France ARDAN, et appuyée par la Decas, visant à
mettre en place dans dix régions des dispositifs d'accompagnement des TPE
pour faire émerger mille projets d'activités nouvelles issus de
ces TPE. Q-
Alors que peuvent faire les pouvoirs publics pour favoriser ce développement
? R- Le rôle des pouvoirs publics
est de créer les conditions optimales pour que ces projets de développement
puissent se concevoir puis se concrétiser. Il doit notamment avoir un rôle
de levier pour susciter les partenariats et mobiliser les financements. C'est
le rôle que s'est donné la Decas dans son partenariat avec le réseau
France ARDAN. Q
Quelle est la place des politiques publiques
liées à l'usage des TIC au regard de l'importance de la question
des infrastructures?
R Les
entreprises artisanales sont parfois réticentes à l'utilisation
des nouvelles technologies en raison des investissements nécessaires qui
leur paraissent disproportionnés par rapport à leurs besoins. La
nécessité, par exemple, de passer par des infrastructures "haut
débit" pour l'utilisation de certains outils TIC peut poser problème
dans une région comme le Massif Central compte tenu du contexte géographique.
Le rôle des pouvoirs publics est alors de favoriser la mise en place des
solutions les mieux adaptées à la situation locale. Toutefois, des
services aux entreprises efficaces peuvent parfaitement se mettre en place sans
investissements considérables. Je ne prendrai pour exemple que le système
MININFO mis en place par le Ministère de l'Economie, des Finances et de
l'Industrie, et qui vise à offrir aux professionnels une prise en charge
personnalisée de leurs demandes par un travail en réseau des services
locaux du ministère, sans que cela nécessite la possession d'une
ligne à haut débit.
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